Mensurations, taille et poids

Mensurations, taille et poids du Schipperke

Dr. R. POLLET
Membre de la Commission belge des Standards

Résumé :

En 1999, lors de la Spéciale de race jugée par Mad. Agnès Pollet, nous avons, à la demande de la Commission belge des Standards, pesé et mesuré 50 Schipperkes, 25 mâles et 24 femelles.

Le poids moyen des Schipperkes était de 5,78 kg (les mâles 6,46 kg et les femelles 5,10 kg).

La moyenne de la hauteur au garrot était de 32,43 cm (les mâles 33,65 cm et les femelles 31,22 cm).

Les résultats des mensurations nous ont permis de calculer les proportions corporelles ou indices,

notamment les trois proportions importantes qui figurent explicitement dans le « Standard modèle » de la FCI :

– La moyenne du rapport de la longueur du corps à la hauteur au garrot est de 1,036.

– La hauteur de la poitrine chez le Schipperke correspond à 47-48 % de la hauteur au garrot.

– La longueur du museau est d’environ 40 % de la longueur totale de la tête.

Les résultats des mensurations nous apprennent que le Schipperke n’est pas un Groenendael en miniature. De type et de conformation, le Schipperke est en effet plus robuste et plus trapu que le Berger belge. La conformation du Berger belge est celle d’un médioligne. Le Schipperke est un lupoïde, mais ‘à tendance bréviligne ou brachymorphe’. Toutes proportions gardées, chez le Schipperke la cage thoracique est plus large que chez le Berger belge, la tête plus forte, le crâne plus large et le museau plus court.

Les résultats des pesées et des mensurations nous ont beaucoup aidé à rédiger le dernier standard FCI du Schipperke
(Nr. 83, 05-05-2003).

La plupart des standards de race indiquent le poids du chien, en spécifiant ou non les limites inférieures et supérieures. La variation du poids chez le chien est énorme: de 0,9 à 100 kg.

Pour certaines races il y a des ‘catégories de poids’. Pour le Schipperke, deux catégories de poids étaient prévues jusqu’en 2003, notamment de 3 à 5 et de 5 à 8 kg. Selon le dernier standard le poids est de 3 à 9 kg et un poids de 4 à 7 kg est recherché.

Les standards font souvent mention de certains défauts comme signes de nanisme. On distingue toutefois deux formes de nanisme:

  • le nanisme avec des proportions corporelles normales et développement mental normal: c’est le nanisme normal, physiologique ou constitutionnel, donc celui ou le nain conserve la construction normale de ses ancêtres lointains (par ex. le Schipperke). La cause en est le manque en hormones de croissance.
  • le nanisme avec des proportions anormales: c’est le nanisme ‘disproportionné’, qui va de paire avec des troubles du développement; une fonction défectueuse de la glande thyroïde en est la cause (‘crétinisme’). Ce nanisme est aussi appelé nanisme ‘tératologique’ (par ex. l’Affenpinscher). La tératologie est la science des malformations congénitales

Lors d’une sélection, les chiens sont souvent pesés et on procède également à des mensurations, c’est-à-dire on mesure les dimensions du corps. Ces dimensions permettent de calculer les indices. L’indice est une indication numérique utilisée dans la zootechnie, qui exprime un rapport entre deux dimensions du corps, le plus souvent en pourcentage, donc multiplié par cent.

Le nombre de mensurations possibles est élevé, mais les dimensions du corps et les indices ou rapports suivants sont les plus importants:

–        longueur du chanfrein (longueur de la face ou du museau): à mesurer depuis le nez (extrémité antérieure du museau) jusqu’au stop (dépression ou cassure fronto-nasale).

–        Longueur du crâne ou du front): distance mesurée depuis un point situé entre les yeux (le stop) jusqu’à l’os occipital.

–        Longueur de la tête (longueur du chanfrein + longueur du crâne): à mesurer depuis l’extrémité du nez jusqu’à l’os occipital (crête occipitale). Les standards indiquent souvent le rapport ‘longueur du chanfrein/longueur de la tête’, ce qui est d’ailleurs prescrit par la F.C.I. (voir ‘standard modèle’ de la F.C.I.).

–        Largeur du crâne: à mesurer sur la partie la plus large du crâne, donc entre les arcades zygomatiques.

–        Périmètre thoracique: tour de la poitrine, à mesurer juste derrière les coudes.

–        Largeur de la poitrine: à mesurer sur la plus grande largeur des côtes.

–        Hauteur de la poitrine: longueur mesurée verticalement, en arrière des coudes, depuis le garrot jusqu’en dessous de la poitrine (le sternum).

–        Indice de hauteur de poitrine: le rapport ‘hauteur de la poitrine/hauteur au garrot’. D’après la F.C.I. cet indice doit être mentionné dans les standards.

–        Hauteur sous-sternale: la distance depuis le dessous de la poitrine (le point le plus bas de la poitrine) jusqu’au sol.

–        Hauteur au garrot (hauteur de la poitrine + hauteur sous-sternale): la hauteur du corps ou la taille du chien. A mesurer verticalement, depuis le garrot (région située entre le dessus du cou et le dos), en suivant le coude, jusqu’au sol. La hauteur au garrot est indiquée dans la plupart des standards, avec ou sans les limites inférieures ou supérieures ou tolérances. Certaines races comprennent des variétés de taille.

–        Longueur du corps: c’est une dimension horizontale chez le chien. Elle est mesurée depuis la pointe de l’épaule jusqu’à la pointe de la fesse. Un chien est de construction carrée (le corps est inscriptible dans un carré) lorsque la longueur du corps est égale à la hauteur au garrot. Il est de construction allongée ou rectangulaire (son corps est inscriptible dans un rectangle) lorsque la longueur du corps dépasse la hauteur au garrot.

–        Indice corporel (indice de format): le rapport ‘longueur du corps/hauteur au garrot’. La F.C.I. demande que cet indice soit mentionné dans les standards. Il est généralement ramené à cent. Pour un chien carré l’indice est égal à cent, et pour un chien de construction allongée, l’indice est supérieur à cent.

Lors d’une “Spéciale de Race”, organisée par le “Royal Schipperkes Club” de Belgique, le 4 juillet 1999, où Madame Agnès Pollet avait la fonction de juge, nous avons pesé et mesuré 50 chiens, plus précisément 25 mâles et 25 femelles de l’ensemble des classes de l’exposition, à l’exception des classes ‘puppy’.

Nous désignons les classes de poids 3-5 kg et 5-8 kg, respectivement par ‘petits’ et ‘grands’ Schipperkes.

Les chiens pesés et mesurés sont subdivisés en groupes (repris par des chiffres romains), dont nous donnons à chaque fois le nombre de chiens de chaque groupe:

I.     Petites femelles :                                                                14 chiens

II.     Petits Schipperkes (petits mâles + petites femelles) :         18 chiens

III.   Petits mâles Kleine reuen:                                                4 chiens

IV.   Grandes femelles Grote teven:                                           11 chiens

V.     Grands Schipperkes (grands mâles + grandes femelles) :   32 chiens

VI.   Grands mâles :                                                                     21 chiens

VII. Toutes les femelles :                                                            25 chiens

VIII. Tous les Schipperkes :                                                         50 chiens

X.     Tous le mâles :                                                                     25 chiens

En ce qui concerne les résultats des pesées et des mensurations, on peut s’attendre à :

–        une augmentation de I à IV et de VII à IX.

–        VII se situera entre I et IV

–        IX se situera entre III et VI

–        VIII (la moyenne de toutes les valeurs) se situera entre II et V, et aussi entre III et IV.

 

Le poids :

Les moyennes, en kg, des groupes précités, sont chaque fois indiquées, avec entre parenthèses les valeurs les plus basses et/ou les plus élevées:

I       : 4,34 kg (valeur la plus basse 3,10 kg)

II     : 4,41 kg (valeur la plua basse 3,10 kg)

III     : 4,64 kg (valeur la plus basse 4,10 kg)

IV     : 6,06 kg (valeur la plus élevée 8,00 kg)

V     : 6,55 kg (valeur la plus élevée 10,10 kg)

VI     : 6,81 kg (valeur la plus élevée 10,10 kg)

VII  : 5,10 kg (valeur la plus basse 3,10 kg ; – la plus élevée 8,00 kg)

VIII  : 5,78 kg (valeur la plus basse 3,10 kg ; – la plus élevée 10,10 kg)

IX   : 6,46 kg (valeur la plus basse 4,10 kg ; – la plus élevée 10,10 kg)

 

Le poids moyen de tous les Schipperkes (groupe VIII) est donc, d’après les pesées, de 5,78 kg, ce qui ne m’a pas surpris. En effet, d’après des pesées que j’avais déjà faites par le passé, j’avais constaté que le poids moyen était d’environ 5,75 kg.

En se basant sur des intervalles de poids d’un demi kilo, on peut subdiviser les 50 Schipperkes pesés comme suit:

Poids :

3 – 3,5 kg         →     1 Schipperke(s)                     6,5 – 7 kg         →       6       –

3,5 – 4 kg         →     3     –                                     7 – 7,5 kg         →       2       –

4 – 4,5 kg        →     4     –                                     7,5 – 8 kg         →       4       –

4,5 – 5 kg         →     9     –                                     8 – 8,5 kg         →       1       –

5 – 5,5 kg       →   6     –                                     8,5 – 9 kg         →       1       –

5,5 – 6 kg       →     6     –                                       > 9 kg             →       1       –

6 – 6,5 kg       →     6     –

Nous retrouvons 86 % des Schipperkes dans les poids entre 4 et 8 kg, et 78 % entre 4 et 7 kg. Il est toutefois très important de constater qu’il y a de très beaux sujets dans les Schipperkes de 3 à 4 kg, ainsi que dans les sujets d’environ 8 kg. Le fait d’émettre une préférence dans le standard de par ex. ‘entre 4 – 4,5 et 6,5 – 7 kg’, ne peut donc pas pousser injustement certains juges à moins bien qualifier de beaux chiens dont les poids sont en dehors de ces limites.

Remarquons aussi que le standard du ‘The Kennel Club’ (Angleterre) fait mention d’un poids de 5,4 à 7,3 kg, ce qui suppose une moyenne de 6,35 kg. Le standard canadien indique 5,5 – 8 kg, donc une moyenne de 6,75 kg. Ces moyennes dépassent largement la moyenne de nos pesées, c’est-à-dire 5,78 kg. C’est pourquoi que dans le nouveau standard de la FCI le poids est de 3 à 9 kg et de préférence de 4 à 7 kg, donc un poids moyen de 5,5-6 kg.

La hauteur au garrot :

La plupart des standards, aussi bien pour les petites que pour les grandes races, indiquent la hauteur au garrot, le plus souvent pour les mâles et les femelles séparément, et avec des limites ou tolérances supérieures ou inférieures.

Le standard du Schipperke ne mentionne pas la hauteur au garrot. Pourtant, il arrive souvent que des amateurs de Schipperkes me demandent quelle taille un Schipperke devrait avoir.

Dans la littérature on retrouve toutefois quelques renseignements au sujet de la hauteur au garrot. G. Arin donne pour les Schipperkes de format ″classique″ les hauteurs aux garrots suivantes: mâles 34 – 36 cm, femelles 32 – 34 cm. Le standard américain du Schipperke parle de 11-13 inches (27,94 à 33,02 cm) pour les mâles et 10-12 inches (25,40 à 30,48 cm) pour les femelles.

Cela donne comme moyennes:

– mâles :     35 cm (G. Arin) ou 30,50 cm (standard américain)

– femelles : 33 cm (G. Arin) ou 28,00 cm (standard américain)

Les mensurations que nous avons effectuées donnent, pour les différents groupes, les hauteurs au garrot suivantes:

I       Petites femelles                                                             29,64 cm

II     Tous les petits Schipperkes                                           29,90 cm

III     Petits mâles                                                                    30,87 cm

IV     Grandes femelles                                                           33,23 cm

V     Tous les grands Schipperkes                                         33,85 cm

VI     Grands mâles                                                                  34,17 cm

VII   Moyenne de tous le mâles                                             33,65 cm

VIII   Moyenne de toutes les femelles                                     31,22 cm

IX     Moyenne pour l’ensemble de tous les Schipperkes       32,43 cm

Nos valeurs moyennes se situent donc entre les hauteurs au garrot de G. Arin et celles d’après le standard américain, mais elles sont plus proches de celles de G. Arin.

Les proportions et/ou indices :

Nous pouvons discuter maintenant les ‘proportions importantes’ ou les indices qui figurent explicitement dans le ‘standard modèle de la F.C.I.’ et que nous avons déduits des rapports entre les diverses mensurations que nous avons effectuées : l’indice corporel, l’indice de hauteur de poitrine et le rapport entre la longueur du chanfrein et lan longueur du cräne.

Indice corporel :

L’indice corporel ou le rapport de la longueur du corps à la hauteur au garrot ramené à 100, est très important pour le Schipperke. L’index 100 est idéal et suppose un profil carré, c’est-à-dire un Schipperke de construction carrée.

Il est très difficile de mesurer la longueur d’un chien et il va de soi que pendant les jugements en statique les juges doivent évaluer ‘à vue’ la construction carrée ou non des Schipperkes.

Notre calcul des indices corporels (rapport longueur du corps/hauteur au garrot) a donné les résultats suivants:

I       petites femelles :                             102,62

II     petits mâles :                                     98,78

III     petits mâle’s + petites femelles :     101,67

IV     grandes femelles :                           107,60

V     grands mâles :                                 103,06

VI     grands mâles + grandes femelles : 104,59

VII   toutes les femelles :                         104,95

VIII   tous les mâles :                               102,42

IX     tous les Schipperkes :                     103,64

Apparemment, les femelles sont un rien plus allongées (ont le corps un peu plus long) que les mâles. Il est toutefois important de constater que beaucoup de Schipperkes sont de construction parfaitement carrée. Préconiser une telle construction n’est donc certes pas une exigence utopique. Une structure carrée (un corps inscriptible dans un carré) est une caractéristique très typique de la race qui doit être gardée à tout prix.

Indice de hauteur de poitrine (indice de hauteur pectorale) :

Les standards de pas mal de races prescrivent que la hauteur de la poitrine doit correspondre à la moitié de la hauteur au garrot. Toutefois, nos mensurations des hauteurs de la poitrine pour de nombreuses races, nous ont appris que trop souvent les poitrines sont moins descendues que les standards préconisent. Il ne convient donc pas, pour de nombreuses races, de prescrire dans les standards un tel indice de hauteur de poitrine.

Nous n’ignorons pas que les Schipperkes, par rapport à beaucoup d’autres races, ont une poitrine proportionnellement plus descendue. Il est donc intéressant de pouvoir disposer des résultats des mensurations des hauteurs de poitrine et des indices de hauteur de poitrine qui en sont déterminés.

Des valeurs supérieures, égales ou inférieures à 0,5 signifient respectivement que la hauteur de la poitrine est supérieure (effet ‘près de terre’ ou ‘bas sur pattes’), égale ou inférieure (effet ‘enlevé’ ou ‘haut sur pattes’) à la moitié de la hauteur au garrot.

Les indices de hauteur de poitrine (hauteur de la poitrine divisée par la hauteur au garrot) calculés sur base des mensurations dans les différents groupes de Schipperkes, se présentent comme suit:

I         petites femelles :                             0,477

II       petits mâles :                                   0,476

III     petits mâles + petites femelles :     0,477

IV     grandes femelles :                           0,467

V       grands mâles :                                 0,480

VI     grands mâles + grandes femelles : 0,475

VII     toutes les femelles :                       0,472

VIII   tous les mâles :                               0,479

IX     tous les Schipperkes :                     0,476

 

Il est clair que toutes ces moyennes ne présentent que très peu ou pas de variations et que le Schipperke a une poitrine assez descendue. Concrètement, cela veut dire que la hauteur de la poitrine correspond à 47-48 % de la hauteur au garrot, ou bien que la distance du sol jusqu’au dessous de la poitrine (hauteur sous-sternale) correspond à 52-53 % de la hauteur au garrot.

Longueur du chanfrein (museau)/longueur du crâne (front)

Le ‘standard modèle de la F.C.I.’ mentionne comme proportion importante la longueur du chanfrein par rapport à la longueur de la tête. Nous préférons toutefois calculer le rapport ‘longueur du chanfrein/longueur du crâne’, car ce calcul donne la même information, mais frappe mieux l’imagination. La valeur de ce rapport est de 1 pour la plupart des races des chiens de berger, ce qui signifie que le museau et le front ont la même longueur, et pour beaucoup de dogues ou de dogoïdes ce rapport est de 0,5, ce qui signifie que la longueur du museau est la moitié de la longueur de la région crânienne.

Les valeurs ci-après indiquent les résultats de nos mensurations, donc des valeurs moyennes du rapport entre la longueur du museau et la longueur du front ou du crâne :

–        tous les petits Schipperkes :         0,625

–        tous les grandsalle Schipperkes : 0,641

–        tous le Schipperkes :                   0,637

 

Avant avoir effectué ces mensurations nous supposions que la longueur du museau correspondait plutôt à ¾ ou 75 % de la longueur du crâne. Manifestement, c’est plutôt les 2/3 ou plus exactement 63,7 %.

 

Lorsque nous calculons le rapport moyen ‘longueur du museau/longueur de la tête’, nous arrivons à un résultat de 0,389, ce qui revient à dire que la longueur du museau est d’environ 40 % de la longueur totale de la tête.

Autres résultats :

Etant donné que le Schipperke est d’une structure robuste, la poitrine, vue de face, doit être large, avec des côtes bien arquées. La poitrine est donc volumineuse (tour de poitrine ou périmètre thoracique considérable), large (largeur de la poitrine) et bien descendue (voir plus haut ‘indice de hauteur de poitrine).

Le crâne du Schipperke est bien large, c’est-à-dire relativement plus large que pour la plupart des chiens de berger.

Les moyennes en centimètres de ces dimensions sont les suivantes:

 

HP = hauteur de poitrine

LP = largeur de la poitrine

PT = périmètre thoracique

LC = largeur du crâne

 

HP         LP           PT       LC

Tous les petits Schipperkes             14,26     12,12     42,55     7,63

Tous les grands Schipperkes           16,09     13,89     48,50     8,56

Tous les Schipperkes                       15,43     13,25     46,36     8,23

 

Conclusions – Morphologie du Schipperke :

Quant à la morphologie (la forme extérieure ou la structure) du Schipperke, des conclusions peuvent être tirées sur base des mensurations qui ont été effectuées.

La morphologie du Schipperke est encore toujours mal connue, ce qui est bien surprenant. Il y a encore trop de gens, même des cynologues avertis, qui pensent que le Schipperke est en quelque sorte ‘un Groenendael en miniature’. Pour cette raison nous avons tâché de bien décrire dans les nouveaux standards du Berger Belge et du Schipperke l’aspect général de ces deux races, pour que cette idée fausse soit définitivement bannie de l’esprit des cynophiles.

Le Berger Belge ‘est un chien médioligne’, ‘alliant élégance et puissance’, et qui doit ‘donner l’impression d’une élégante robustesse’. Le mot-clé est donc ‘élégance’. D’ailleurs, dans le nouveau standard du Berger Belge, ‘manquant d’élégance’ est mentionné comme défaut. Quant à la tête, on peut lire que ‘la longueur du museau est égale ou légèrement supérieure à la moitié de la longueur de la tête’, que le crâne est ‘de largeur moyenne’, que la poitrine est ‘peu large’, et que le poitrail, vu de face, est ‘peu large sans être étroit’.

Le Schipperke, par contre, dans le nouveau standard que nous avons proposé, est décrit comme ‘un berger sous un format réduit, mais très solidement bâti’, dont le corps est ‘court, large et donc trapu’. Le corps du Schipperke est en effet assez robuste ‘court et large, donc trapu, mais pas excessivement volumineux ou lourd’, et la poitrine est ‘large de face’. Sa tête est ‘de forme lupoïde, mais pas trop allongée et suffisamment large pour être en harmonie avec le corps’, et la longueur de son museau ‘est approximativement 40 pour cent de la longueur totale de la tête’.

Il est bien connu que, en considérant les proportions et la forme du corps, on peut répartir les chiens en catégories morphologiques. La classification la plus connue est celle qui divise les chiens en trois types, le longiligne ou dolichomorphe (sujet élancé ou svelte), le bréviligne ou brachymorphe (sujet trapu) et le médioligne ou mésomorphe (sujet aux proportions moyennes). Malheureusement, cette terminologie est souvent mal comprise, parce que trop souvent on a l’idée que ces termes se rapportent à la longueur du chien. Longiligne n’a à vrai dire rien à voir avec le rapport de la hauteur à la longueur du corps, et ne signifie donc pas que le corps est allongé ou inscriptible dans un rectangle. Longiligne veut dire tout simplement que le rapport entre la surface et le volume du corps est grand, et le terme bréviligne signifie que ce rapport est petit.

Que la conformation du Berger Belge est celle d’un médioligne, personne ne le contestera. Pour beaucoup d’autres races par contre, la classification morphologique mentionnée dans les standards est souvent fausse et donc contestée. Ainsi, on a toujours pu lire dans le standard du Bouvier des Flandres qu’il est bréviligne, ce qui est une assertion exagérée. Dans le nouveau standard nous avons pu remplacer ce terme par ‘sub-bréviligne’, ce qui veut donc dire ‘intermédiaire entre un médioligne et un vrai bréviligne’.

Une analyse des résultats des mensurations nous apprend maintenant que la morphologie du Schipperke est bien différente de celle du Berger Belge. Le Schipperke n’est donc certainement pas un Groenendael en miniature, car sa conformation est plutôt trapue et robuste. Il est même assez surprenant de constater, mais peut-être pas pour un cynologue averti, que les mensurations du Schipperke nous montrent que sa morphologie est assez proche de celle du Bouvier des Flandres. On peut bien sûr dire que le Schipperke est un lupoïde, donc de type loup, tout comme le Berger Belge, mais on doit y ajouter ‘à tendance bréviligne ou brachymorphe’. Cette différence en type et en morphologie qui distingue le Schipperke du Berger Belge est tout à fait évidente quand on regarde bien, en faisant abstraction de la différence de taille, l’aspect extérieur de ces deux races. Il saute en effet aux yeux que chez le Schipperke sa conformation anatomique est plus puissante, plus robuste et plus trapue, ce qui se manifeste surtout par la largeur de la cage thoracique, et que sa tête est plus forte, ce qui se manifeste par le crâne large et le museau relativement court.

Nous pouvons encore préciser, ce qui n’a rien à voir avec les dimensions du corps ‘en largeur’, que les Schipperkes, tout aussi bien que les Bergers belges, ne peuvent être que des chiens bien typés qu’avec une structure carrée. Quant aux angulations (angles formés par les articulations des membres), on peut les décrire comme un peu plus prononcées chez le Schipperke que chez le Berger Belges, toutefois tout en restant normales, ce qui veut dire qu’en statique, chez chacune des deux races, les postérieurs sont placés bien en dessous du corps.

Les résultats des mensurations que nous avons discutées ici, nous ont bien évidemment aidé à trancher quelques problèmes qui se sont présentés quand notre Commission Belge des Standards a rédigé le nouveau standard du Schipperke.

Ainsi, quant au poids, il nous a semblé défendable de préciser qu’il peut varier de 3 à 9 kg, avec un poids moyen recherché de 4 à 7 kg.

La taille n’a finalement pas été mentionnée dans le nouveau standard que nous avons proposé.

L’aspect général est décrit comme lupoïde.

Que la tête ‘ressemble à celle du renard’ (aspect vulpoïde) (ancien standard) a évidemment été supprimé et nous avons précisé que le front est assez large et que la longueur du museau est approximativement 40 pour cent de la longueur totale de la tête.

Dans le nouveau standard que la Belgique a proposé il a été explicitement exigé que le Schipperke soit bâti au carré, étant donné que selon nos mensurations cette caractéristique semble ‘réalisable’, ce qui veut dire que nous croyons que ‘un chien inscriptible dans un carré’ n’est certainement pas utopique comme but à atteindre par les éleveurs.

 

Termes morphologiques et cynologiques :

Angulation : terme canin désignant l’angle formé par une articulation des membres antérieurs ou postérieures.

Bréviligne ou brachymorphe : veut dire que le rapport entre la surface et le volume ou le poids du corps est petit ; un chien bréviligne est trapu et robuste, et il est brachycéphale (la tête est courte, le crâne plutôt large et le museau relativement court).

Corps carré : corps inscriptible dans un carré ; la longueur du corps est égale à la hauteur au garrot.

Corps rectangulaire : corps inscriptible dans un rectangle ; corps allongé, dont la longueur dépasse la hauteur.

Longiligne ou dolichomorphe : terme le plus souvent mal compris ; n’est pas déterminé principalement par le rapport longueur du corps/hauteur au garrot et ne veut donc pas dire que le corps est long ; veut dire que le rapport entre la surface et le volume du corps est grand ; un chien longiligne est élancé ou svelte et dolichocéphale (le crâne allongé, donc la tête est longue).

Médioligne ou mésomorphe : se dit d’un type morphologique ni bréviligne, ni longiligne, d’un sujet dont la forme est ni trapue, ni élancée, donc d’un chien aux proportions moyennes ; la tête est mésocéphale, donc intermédiaire entre brachycéphale et dolichocéphale ; la plupart des chiens de berger sont médiolignes.

Morphologie : étude de la forme et de la structure d’un organisme (un être vivant).

Sub-bréviligne : sub signifie ‘sous’, ‘dessous’ ; intermédiaire entre bréviligne et médioligne (le brachymorphisme est faible).

 

Du même auteur :

–        Schipperke, Interpet Publishing (en anglais), 157 p., 2001 ; Kennel Club Books 2005 (USA), 157 p.

–        Belgian Shepherd Dog, Interpet Publishing (en anglais), 157 p., 2000.

–        Bouvier des Flandres, Interpet Publishing (en anglais), 157 p., 2002.

–        Encyclopédie des Chiens de Races Belges, Aniwa Publishing, 190 p., 2006.

–        Blueprint of the Belgian Shepherd Dog, Publ. ‘Belgian Shepherd Dog Association of Great Britain’.

Un Blueprint du Berger Belge, Revue des Clubs Français du Chien de Berger belge et du Schipperke,

Février 1982, p. 47-64; même article (Commentaires sur le Standard du Berger Belge), même revue,

juillet-août 2001, p.23-37.

–        Lexique des termes canins (extérieur et mouvement), magazine Muzoo nr. 25 et numéros suivants.

–        Lexique cynologique, Éditeur ‘Belgiandogs’.