Le Schipperke n’est pas un BB en miniature

Le Schipperke n’est pas un Berger Belge (Groenendael) en miniature*

Étude comparative de la morphologie du Schipperke et du Berger Belge par application des lois d’échelle

 

Par Dr. Robert Pollet
Membre de la Commission belge des Standards

 

Résumé

En appliquant les lois d’échelle nous avons calculé qu’un Schipperke ayant la taille d’un Berger Belge (Groenendael) (taille moyenne 61 cm ; poids moyen 25 kg) pèserait 38,5 kg. D’autre part, un Groenendael ayant la taille d’un Schipperke (taille moyenne 32,4 cm ; poids moyen 5,78 kg) pèserait 3,75 kg.

Les résultats de ces calculs prouvent que les morphologies (formes corporelles, structures, apparences extérieures) de ces deux races sont fondamentalement différentes. Le Berger Belge est un chien médioligne mais avec une structure élégante et le Schipperke est également un chien médioligne, mais à tendance bréviligne, autrement exprimé, avec une tendance à la robustesse.

Ces mêmes calculs ont été appliqués au Bouvier des Flandres qui, apparemment, toutes proportions gardées, est un peu moins solidement bâti que le Schipperke.

L’application des lois d’échelle démontre que beaucoup de standards de races comprenant des variétés de taille, devraient être remaniés.

La signification des termes morphologiques longiligne, médioligne, bréviligne et cob(by) est expliquée.

 

La morphologie (forme extérieure d’un organisme, science de la forme corporelle) des races de chiens a toujours suscité l’intérêt des cynophiles et des juges canins (juges d’exposition). L’espèce canine est dominée par son polymorphisme. En effet, les différences morphologiques (de forme, de taille, de poids, etc.) entre les races sont énormes. Cette variabilité d’une race canine à l’autre n’est jamais atteinte par une même espèce. Les scientifiques et les cynologues qui veulent quantifier et comparer les variations vraiment infinies des formes anatomiques des races ont développés de nombreux systèmes pour classer ces variations. Ces systèmes sont des descriptions qui classent les races en plusieurs types ou catégories extrêmes, sans tenir compte des types intermédiaires.

La classification morphologique des races la plus connue est peut-être celle introduite par Baron et Dechambre. Elle est basée sur les proportions corporelles. Cette classification répartit les chiens en trois types fondamentaux (1) :

– le longiligne : néerlandais, langlijnig ; anglais, longilineal, longlined ; allemand, langlinig ; espagnol,

longilíneo ; syn. dolichomorphe (aux formes allongées, de forme élancée) ; élancé ou svelte ; la tête

est allongée (dolichocéphale) ; les membres sont longs (haut sur pattes, enlevé, la hauteur sous le

sternum est importante).

– le bréviligne : néerl. kortlijnig ; angl. brevilineal, shortlined ; allem. kurzlinig ; esp. brevilíneo ; syn.

brachymorphe (de forme courte, large et trapue) ; trapu, ramassé, compact, robuste ; la tête est

courte (brachycéphale) ; les membres sont courts (‘près de terre’).

– le médioligne : néerl. middellijnig ; angl. mediolineal ; allem. mittellinig ; esp. mediolíneo ; syn.

mésomorphe (aux proportions/formes moyennes, intermédiaire entre dolichomorphe et

brachymorphe) ; se dit d’un type morphologiquement intermédiaire, ni longiligne, ni bréviligne, ou

d’un chien aux proportions harmonieuses ou moyennes ; la tête se situe entre les dolichocéphales

et les brachycéphales (est mésocéphale) ; la hauteur au garrot est en général égale à la longueur du

corps ; la majorité des chiens, dont les bergers, appartiennent aux médiolignes ; ce type correspond

au ‘type loup’ ou ‘type lupoïde’, un terme de la classification ou de la typologie établie par Georges

Cuvier (1800) et Pierre Mégnin (1897). Le Schipperke et le Berger Belge sont des chiens de type

lupoïde.

Selon une autre classification, celle de Baron et Dechambre, un animal longiligne est souvent

‘convexe’ (arrondi vers l’extérieur), un médioligne est ‘rectiligne’ (limité par des droites) et un

bréviligne est ‘concave’ (présentant une surface en creux), mais les exceptions sont nombreuses.

Il convient de rappeler qu’un chien ne répond jamais à un type morphologique pur. Lorsqu’on parle

de type, il s’agit d’une ‘tendance dominante’ du sujet, ce qui n’exclut donc pas d’autres

caractéristiques.

Le plus souvent, ces termes morphologiques sont mal compris, même par les juges. On a par

exemple toujours pu lire dan le standard du Berger de Brie ‘La longueur du corps doit être plus

importante que la hauteur, le Briard est longiligne.’ Selon M. Luquet le Briard est un chien qui tend

vers le type ‘sub-longiligne’, ce qui n’est pas très satisfaisant non plus comme classification

morphologique. J’ai pu attirer l’attention de la Commission des Standards de la FCI sur cette erreur

fondamentale (le Briard n’est pas un longiligne mais un médioligne) et dans le tout dernier

standard du Berger de Brie de 2009 on ne retrouve plus le terme ‘longiligne’ et la race et devenue

‘médiologne’. Malheureusement, le mal est fait et on peut encore toujours lire un peu partout dans

la littérature canine que le Briard est longiligne.

En ce qui concerne les trois types de chiens, les longilignes, les brévilignes et les médiolignes,

ce n’est pas le rapport longueur du corps / hauteur au garrot qui détermine cette classification

morphologique. Ce qui est en dernière analyse important et déterminant, c’est le rapport entre la

surface et le volume du corps du chien. Chez un longiligne ce rapport est plutôt grand et chez un

bréviligne plutôt petit. Le degré de brévilignité augmente quand le rapport surface / poids diminue,

donc aussi quand le poids augmente pour une même taille. Pour le degré de longilignité c’est

l’inverse. Le rapport surface / volume est élevé quand la forme d’un objet ou d’un organisme est

très différente de celle d’une sphère, donc quand le corps / le sujet est élancé ou svelte.

Beaucoup d’auteurs trouvent que ces termes morphologiques (mal compris) sont vides de

sens et peu instructifs et qu’il vaut donc mieux d’employer des expressions ou des termes compris

par tout le monde, comme ‘chien élancé’ pour longiligne, ‘trapu’ pour bréviligne et ‘de proportions

moyennes’ ou quelque chose de ce genre pour médioligne. Dans les rapports de juge des Bergers

Belges on lit régulièrement des expressions comme ‘tête médioligne’, ce qui ne nous apprend

évidemment rien du tout. On pourrait même se demander si le Berger Belge est un vrai médioligne

(voir plus loin). Mentionner dans les rapports de juge ‘bonne tête’, ‘tête typique’ ou ‘tête de bonne

forme’, ce qui veut dire tout simplement que la tête est de bonne morphologie, conforme aux

critères (du standard) de la race, donc une tête ‘dans le type’, est beaucoup plus compréhensible

que ‘tête médioligne’. Quant au Schipperke, les rapports de juge ne nous donnent pas toujours

l’impression qu’il s’agit d’une race plus bréviligne qu’un Bouvier des Flandres (voir plus loin) (10) et

donc que le Schipperke est une race ‘à tendance bréviligne’ (5) ou peut-être une race ‘sub-réviligne’.

Régulièrement aussi nous lisons dans des rapports de juge des Bergers Belges et des

Schipperkes la description ‘jolie construction médioligne’. On pourrait donc en conclure que les

Bergers Belges (2) et aussi les Schipperkes sont des chiens typiquement médiolignes. Pourtant,

nous devons être sceptiques. Ces deux races, sont-elles vraiment des médiolignes purs ? Est-ce que

le Berger Belge n’est pas trop élégant pour être un vrai médioligne ? N’est-ce pas plutôt un chien

qui ‘tend vers le type médioligne ? Et le Schipperke, n’est-il pas de gabarit un peu trop robuste

pour être un médioligne ? Il y a longtemps déjà que nous avons publié une étude comparative des

Bergers Allemands, Belges et Hollandais, du Saarlooswolfhond (Chien loup de Saarloos) et du

Schipperk (4). En ce temps-là (1987), la raison pour laquelle je voulais également comparer le petit

Schipperke avec ses grands frères n’était pas tellement évidente. J’écrivais que la raison principale

en était que d’aucuns se figuraient à tort que le Schipperke est un Groenendael (Berger Belge noir à

poil long) en réduction, mais que la structure anatomique de ces deux races était pourtant fort

différente et que l’extérieur et la silhouette du Schipperke étaient uniques, donc que le Schipperke,

au point de vue anatomique, n’est comparable à aucune autre race. C’est bien dommage que ces

réflexions soient encore toujours actuelles et pertinentes (5, 6, 7). En effet, même de nos jours,

beaucoup de juges et d’amateurs de Schipperkes dans le monde entier continuent à croire que

cette race est à vrai dire un Berger Belge en miniature, ou que morphologiquement (en ce qui

concerne la forme extérieure et la structure) c’est un Berger Belge (Groenendael) de petit format

(6). Quoique les Schipperkes et les Bergers Belges aient des ancêtres communs, à savoir une

ancienne race qui est appelée ‘Leuvenaar’ (‘habitant de Louvain’ ou ‘Louvaniste’), les différences

entre ces deux races, toutes proportions gardées, sont quand même importantes (3). En bref, le

Schipperke est de conformation plus robuste ou de structure plus solide que le Berger Belge, ce qui

concerne tant le corps (le périmètre thoracique et la largeur du tronc) que la tête (la largeur du

crâne et la longueur du museau) (3) (9). Qu’aussi bien le Berger Belge que le Schipperke sont de

construction carrée (la ‘hauteur au garrot’ et la ‘longueur du corps’ sont égales) rend la

comparaison morphologique entre ces deux races plus facile et plus justifiable.

Nous pouvons donc maintenant essayer de démontrer que la différence morphologique

entre ces deux races est marquée, ce qui tient surtout au fait que d’une part chez le Berger Belge

l’élégance est une caractéristique raciale importante (8) et que d’autre part chez le Schipperke,

quoique sous un format réduit, sa conformation robuste et solide est essentielle (5) (6) (7). Le

corps du Schipperke est en effet assez large et trapu et quant à sa tête, le front est assez large et le

museau est plus court que le crâne (9).

Pour prouver que le Schipperke est vraiment plus robuste et plus trapu que l’élégant Berger

Belge, nous allons quantifier cette différence morphologique entre ces deux races en appliquant ce

qu’on appelle la « loi d’échelle ». Pour cela, nous avons seulement besoin des tailles moyennes et

des poids moyens de ces deux races. La ‘loi d’échelle’, appelée aussi ‘loi des carrés et des cubes’, a

beaucoup d’applications et est facile à comprendre. Cette loi dit que, si à densité constante, une

dimension de longueur d’un corps (L) varie, la surface va varier au carré (L²) et le volume (ou le

poids) au cube (L³). Cette loi s’applique aussi aux animaux, s’ils sont semblables dans la forme et

différents seulement dans l’échelle (p. ex. les variations de la taille des animaux). Il va de soi que les

corps des chiens ont une même densité et que donc dans les calculs les volumes et les poids sont

interchangeables.

La loi d’échelle nous apprend que quand la taille d’un individu s’accroît, par exemple quand

on double la taille (hauteur au garrot) d’un chien, que sa surface est multipliée par 2² = 2 x 2 = 4.

Donc dans ce cas la surface augmente deux fois plus vite qu’une dimension de longueur. Quant au

volume (ou poids) de ce chien (nous supposons que tous les chiens ont la même densité), on doit

multiplier par 2³ = 2 x 2 x 2 = 8. Donc le volume ou le poids augmenteront deux fois plus vite que la

surface. Ainsi, quand on augmente une dimension linéaire comme la taille, la surface du corps croît

notablement, mais le volume et la masse (le poids) du corps croissent encore plus que sa surface.

Quand nous divisons la taille d’un chien par deux, sa surface est divisée par quatre (2²) et son

volume ou son poids par huit (2³). Donc, quand on réduit la taille d’un animal (d’un chien), la

surface décroît, mais son volume ou son poids décroissent encore plus vite. Si par exemple un

homme de 2 mètres pèse 120 kg, des personnes ayant la même forme corporelle et mesurant

1,8 m (90%), 1,5 m (75%), 1,25 m (62 ,5%) ou 1 m (50%), pèseraient respectivement 87,5 kg

(72,9%), 50,66 kg (42,2%), 29,29 kg (24,4%) et 15 kg (12,5%). Entre parenthèses les réductions de

taille et de poids sont mentionnées en pourcentages. Ces pourcentages nous indiquent combien

plus rapidement les poids diminuent par rapport à une dimension de longueur (la taille).

Pour nos calculs nous avons besoin des tailles moyennes et des poids moyens des Bergers

Belges (BB) et des Schipperkes (Sch). Dans le standard de race du Schipperke les tailles ne sont pas

mentionnées, mais nous avons utilisé les résultats des mensurations et des pesées que nous avons

effectuées lors d’une spéciale de race (5) et que nous avons d’ailleurs employés pour rédiger le

nouveau standard de race du Schipperke :

Moyennes des tailles (hauteurs au garrot) : BB 61 cm ; Sch 32,43 cm.

Moyennes des poids : BB 25 kg ; Sch 5,78 kg.

1. Nous allons d’abord calculer le poids qu’aurait un Schipperke, s’il avait la taille d’un Berger

Belge. Le rapport des deux tailles est de 61 : 32,43 = 1,881.

Le Schipperke pèserait donc 6,655 x 5,78 = 38,5 kg (1,881 x 1,881 x 1,881 = 6,655).

Peut être calculé autrement : 5,78 : (32,43/61)³ = 38,5 kg.

2. D’autre part, un Berger Belge ayant la taille d’un Schipperke pèserait : 25 : 6,655 = 3,75 kg.

Calculé d’une autre manière : 25 x (32,43/61)³ = 3,75 kg.

Le rapport entre le poids d’un Schipperke de même taille qu’un Berger Belge et le poids moyen

d’un Berger Belge démontre que le Schipperke est beaucoup plus bréviligne (plus robuste) que le

Berger Belge (38,5 : 25 = 1,54) et l’inverse (le rapport entre le poids d’un Berger Belge de même

taille qu’un Schipperke et le poids moyen d’un Schipperke) prouve que le Berger Belge est

beaucoup moins bréviligne (de structure beaucoup plus élégante) que le Schipperke (3,75 : 5,78 =

0,65).

En ce qui concerne le Bouvier des Flandres, dans l’avant-dernier standard FCI de cette race

on pouvait lire que le Bouvier a l’aspect général d’un chien bréviligne, une précision très

probablement basée sur le fait qu’il est bâti au carré. Nous avons pu corriger cette erreur.

Maintenant, dans le dernier standard FCI, l’aspect général du Bouvier des Flandres est devenu

‘sub-bréviligne’.

Nous avons effectué les mêmes calculs que plus haut, basés sur les lois d’échelle, pour

comparer le Schipperke avec le Bouvier des Flandres, ce qui nous a donné les résultats suivants :

Poids moyen du Bouvier : (37,5 + 31) : 2 = 34,25

Taille moyenne du Bouvier : 63,5 cm.

Rapport des tailles moyennes Bouvier/Schipperke : 63,5 : 32,43 = 1,958

1. Un Schipperke ayant la taille d’un Bouvier pèserait : (1,958 x 958 x 1,958) x 5,78 = 43,39 kg.

Le rapport entre les deux poids 43,39 : 34,25 = 1,267 nous montre que le Schipperke est plus

bréviligne (26 à 27%) que le Bouvier.

2. Un Bouvier ayant la taille d’un Schipperke pèserait :

34,25 : (1,958 x 1,958 x 1,958) = 4,56 kg (le poids moyen d’un Schipperke = 5,78 kg).

Une autre façon de calculer ce poids : 34,25 x (32,43/63,5)³ = 4,56 kg.

Le rapport 5,78 : 4,56 = 1,267 prouve également qu’un Schipperke est de 26 à 27% plus

bréviligne qu’un Bouvier, ce qui est un résultat peut-être assez surprenant.

Le Bouvier est évidemment plus bréviligne que le Berger Belge : un Bouvier de la taille d’un Berger Belge pèserait 34,25 : (63,5/61)³ = 30,36 kg, donc bien plus que les 25 kg du Berger Belge.

Les différences entre d’une part les poids d’un Bouvier des Flandres ou d’un Schipperke ayant la taille d’un Berger Belge et d’autre part le poids d’un Berger Belge ayant la taille moyenne prescrite sont respectivement : 30,36 – 25 kg pour le Bouvier et 38,47 – 25 kg pour le Schipperke. Ces différences de poids peuvent être considérées comme des mesures du degré de (la tendance à la) brévilignité d’un Bouvier et d’un Schipperke.

Ces mêmes calculs peuvent être appliqués à d’autres races, par exemple les Schnauzers

Allemands, c’est à dire le Schnauzer, le Schnauzer Géant et le Schnauzer Nain, dont les standards

sont fondamentalement les mêmes, sauf les tailles et les poids. Ces trois standards précisent que le

Schnauzer Géant et le Schnauzer Nain doivent être respectivement l’image agrandie et un modèle

réduit du Schnauzer, ce qu’ils ne sont pas en réalité et ce qui est aussi un objectif irréalisable. Le

Spitz Allemand et le Caniche sont également des races qui comprennent plusieurs variétés de taille.

Dans les standards des Spitz et des Caniches les poids ne sont pas mentionnés, mais seulement les

tailles. Nous ne croyons pas que les morphologies ou les poids qui sont décrits ou mentionnés dans

les standards de ces deux races soient conformes aux lois d’échelle. Il ne suffit pas de préciser dans

ces standards que les poids des variétés doivent ‘correspondre à leurs tailles’. On pourrait même se

demander s’il est bien normal ou réaliste de spécifier, comme pour le Schnauzer, le Spitz Allemand

et le Caniche, que toutes les variétés de taille doivent avoir les mêmes proportions corporelles. On

sait en effet que chez d’autres espèces (p. ex. les chevaux), chez lesquelles il peut y avoir des

différences de format (taille et poids), les proportions corporelles sont très différentes. En général,

les animaux ‘de petite taille’ ou ‘en miniature’ ont, par rapport aux grands exemplaires, un corps

plus large, une ossature plus forte et une tête plus courte dont le front est plus large. Pour les

Collies et les Shelties par exemple il y a deux standards différents, ce qui semble logique, mais leurs

poids ne sont pas mentionnés. On ne peut donc pas démontrer en appliquant les lois d’échelle que,

quoiqu’en pensent beaucoup de juges, le Sheltie n’est pas vraiment un Collie en miniature.

Heureusement nous avons pu prouver ici, en nous basant sur des résultats de mensurations

et de pesées (5), que le Schipperke n’est pas du tout un Berger Belge en miniature. Ces deux races  ont un ancêtre commun, à savoir le Leuvenaar (3) (7), mais le Schipperke est devenu un petit Berger

de conformation plus robuste et de structure beaucoup plus solide que le Berger Belge, ce qui concerne tant le corps (le tronc) que la tête du Schipperke.

Finalement nous voulons encore faire quelques remarques sur l’utilisation du terme morphologique ‘cob’ ou ‘cobby’ (2). C’est un terme du langage hippique anglais utilisé pour désigner un cheval fortement charpenté et aux formes arrondies. ‘Cob’ signifie ‘une masse arrondie’ ou encore ‘un cheval musclé et trapu aux pattes courtes et à l’ossature solide’. Il n’y a pas tellement longtemps, certains juges canins employaient encore régulièrement l’expression ‘chien bien cob’, mais maintenant le terme cob a presque disparu du vocabulaire des juges. Ce terme était utilisé abusivement quand on voulait dire qu’un chien est ‘bien carré’. Il est clair que ni le Schipperke, ni certainement une race aussi élégante que le Berger Belge ne sont ‘cob’ et que l’utilisation de ce terme comme synonyme de ‘bâti au carré’ ou pour caractériser un chien trapu ou bréviligne doit être évitée à tout prix. C’est donc un terme qui prête à confusion, parce que ‘bâti en cob’ et ‘construit au carré’ sont deux choses différentes. Un chien ‘inscriptible dans un carré’ n’est pas obligatoirement cob, loin de là. En anglais, les meilleurs synonymes de ‘cob’ sont ‘compact’, ‘short-bodied’, ‘thick-set’, ‘stocky’ et ‘blocky’ et en français les termes ‘compact’, ‘trapu’, ‘ramassé’, ‘râblé’ et éventuellement ‘tassé’ ou ‘courtaud’ peuvent être utilisés.

 

Littérature :

  1. (1)« Lexique des termes canins» (extérieur et mouvement), Dr. R. Pollet.
  2. (2)« Un Blue-print du Berger Belge», Dr. R. Pollet, Organe des Clubs du Chien de Berger Belge et du Schipperke (France), « Le Berger Belge et le Schipperke », N° 2, Févr. 1982, p. 47-64 (existe en onze langues).
  3. (3)« Encyclopédie des Chiens de Races Belges», Dr. Robert Pollet et Prof. Dominique Grandjean, 190 pages, Éd. Aniwa SAS, 2006 (existe aussi en néerlandais).
  4. (4)« Étude comparative des Bergers allemand, belge et hollandais, du Chien loup de Saarloos et du», par R. Pollet, dr. sc., WOUF N° 218-221, May 1987.
  5. (5)« Poids, taille et mensurations du Schipperke», Dr. R. Pollet, www.schipperke.be.
  6. (6)« Abrégé du Standard de Race du Schipperke», Dr. R. Pollet, www.schipperke.be.
  7. (7)« » (en anglais), Dr. R. Pollet, Interpet Publishing, 160 p., 2001, and Kennel Club Books 2005.
  8. (8)« Belgian Shepherd Dog» (en anglais), Dr. R. Pollet, Interpet Publishing, 160 p., 2000.

Même livre en français : « Le Chien de Berger Belge », Dr. R. Pollet, Éditions Animalia, (adapté par Dr. Philippe de Wailly), 160 pages, 2004.

  1. (9)« La tête du Schipperke», Dr. R. Pollet, www.schipperke.be.

(10) « Bouvier des Flandres » (en anglais ; existe aussi en espagnol, 2005), Dr. R. Pollet, 160 p.,

Ed. Interpet Publishing (2001) and Kennel Club Books (2005).

 

* Notons que ce qui se rapporte dans cet article aux termes longiligne, bréviligne et médioligne,

devrait surtout être intéressant pour les cynophiles et les juges francophones. Cette

terminologie morphologique n’est en effet que peu ou pas du tout utilisée en d’autres langues

que le français. Ces termes sont de toute façon mal compris ou pas compris du tout par les

non-francophones, pour qui le problème de cette terminologie trop souvent abusivement

utilisée (même par les francophones) ne se pose donc pas.